Wikimedia France/Micro-financement/Wikimania 2019/Demandes/LurKin/Retour d'expérience

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Retour d'expérience global[edit]

Badge de LurKin Wikimania 2019

Ce fut une première Wikimania riche en sessions plus intéressantes les unes que les autres.

J’ai été étonnée, de façon positive, de voir que le thème de la diversité et de l’accès à tous et toutes à la connaissance sont des thèmes largement pris en compte par les panélistes. Les grands enjeux d’un Wikipédia inclusif étaient bien présents, tels que la prise en compte de sources non écrites, des langues autochtones ou la nécessité de trancher entre discours haineux et liberté de parole.

J’en retire un sentiment assez positif. Comme expliqué dans ma demande de financement, je voulais concilier mon travail militant en-dehors de Wikipédia avec celui que j’effectue dans les projets des Sans Pages et de Noircir Wikipédia. Ce fut le cas et j'ai rencontré beaucoup de personnes inspirantes avec qui des possibilités de partenariat semblent voir le jour.

Sessions auxquelles j'ai participé[edit]

VENDREDI SAMEDI DIMANCHE
Welcome session & keynote MULTIMEDIA: Using animation for storytelling, a new way of preserving oral history DIVERSITY: Developing a Wikidata model depicting cultures of reception
STRATEGY: Capacity Building MULTIMEDIA: Free access to the sum of all human knowledge DIVERSITY: WCDO: Empowering communities to bridge culture content gap
STRATEGY: Diversity LANGUAGES: Indigenous languages matter ADVOCACY: Free Speech vs Hate Speech
DIVERSITY: Lightning talks DIVERSITY: Gender gap projects across Africa
RESEARCH: State of Wikimedia research 2018-2019
DIVERSITY: Wiki LGBT+ meetup
Closing session

Retour d'expérience détaillé[edit]

Points positifs[edit]

Michael Peter Edson en très grande forme
  • L’allocution de bienvenue de Michael Peter Edson, à la fois inspirante et drôle.
  • Le Wiki LGBT+ meetup était particulièrement bien organisé, j’ai adoré le concept de “silent conversation” où les principales questions à traiter étaient réparties dans la salles et les participant.e.s ont écrits leurs réponses/suggestions/commentaires en se déplaçant dans la salle sans discuter. En 15mn, toutes les questions ont été traitées et les personnes qui osent moins prendre la parole ont pu faire entendre leur voix.
  • Le débat qui a suivi la présentation de cette session. Les panélistes étaient bienveillant.e.s et à l’écoute, et apportaient des exemples concrets à leurs explications, ce qui a permis à beaucoup de personne de l’audience de proposer des solutions.
  • La représentation des femmes et des minorités à la fois dans l’audience et dans les panélistes.
  • Apprendre ! J’ai beaucoup appris des sessions comme celle sur les langues autochtones, notamment sur le fait que certaines langues n’ont pas d’alphabet, d’autres en ont plusieurs, et celles qui en ont n’ont pas forcément d’équivalent en codage informatique (et moi qui ai bêtement cru au “Universal” d’UTF-8..), ce qui complique leur entrée dans Wikipédia.

Points négatifs[edit]

Exemple de question indéchiffrable posée lors de l'atelier Capacity Building
  • Traitement des personnes issues de la diversité :
    • Dans les sessions où les panélistes sont issu.e.s de la diversité, faire plus attention au temps de parole qui leur est accordé ainsi qu’à la présentation qui est fait de leur travail et le langage corporel qui vont avec. Des photos sont prises lors de ces sessions et il serait bon d’éviter un effet paternaliste/maître·sse d’école. Ce sont des règles qui sont également présentes dans les milieux militants et qui ont pour but de rétablir un équilibre qui n’est pas encore présent dans la société.
    • => Suggestions : Laisser les personnes présenter leur projet sans introduction préalable, ne pas leur couper la parole, faire attention à ne pas les différencier des autres (ex: personnes blanches debout qui entourent des personnes non-blanches assises).
  • Prédominance de l’anglais (non simplifié) :
    • En dehors du fait que pour se voir octroyer une bourse, l’anglais est fortement recommandé, toutes les sessions se déroulent dans cette langue. Ce qui pourrait être acceptable si l’anglais utilisé était un anglais simplifié (comme par exemple celui utilisé dans les manuels techniques).
    • Exemple : Dans une session dédiée à la diversité, des questions de 5 lignes avec des mots complexes écrites sur un tableau, où une personne anglophone non native en est venue à demander une reformulation pour pouvoir participer à la discussion. Posons-nous les questions de qui parle anglais (soit des personnes natives, soit des personnes qui ont étudié cette langue et donc ont eu accès à cette éducation, soit des personnes issues de pays colonisés par des pays anglophones) et de qui est exclu de ces conversations.
    • => Suggestions : Inviter des personnes issues de pays où l’anglais n’est pas la langue officielle et chercher un volontaire qui servirait d’interprète anglais/langue natale pendant les sessions (peut-être envisager des bourses en binôme, un.e participant.e +son interprète ?). Utiliser un anglais simplifié, des logiciels tels qu’Hemingway Editor, utilisé en rédaction technique pour vérifier que sa phrase est compréhensible et dans le cas contraire, reformuler.
  • Abstraction des témoignages de harcèlement des membres de la communauté :
    • Malgré le fait que certaines victimes de harcèlement aient déjà fait entendre leur voix sur le sujet, j'ai le sentiment que cette réalité est grandement ignorée du reste de la communauté.
    • Exemple 1 : Lors de la session Free Speech vs Hate Speech, la seule réponse proposée par les participant.e.s au problème de harcèlement était de créer un comité pour communiquer avec les trolls et comprendre leur motivation (dépression, etc.), selon un modèle testé par Twitter (on peut douter des résultats de ce réseau social..). Je m'étonne que l'on veuille mettre plus d'énergie et d'argent à gérer les émotions des harceleurs qu'à protéger des victimes.
    • Exemple 2 : Lors de la cérémonie de cloture, Jimmy Wales déclare vouloir un Wikipédia sans harcèlement et se targue d'avoir une communauté plus respectueuse que Twitter, déclaration suivie par des applaudissements de la salle. Cette déclaration n'a pour autant fait suite à aucune proposition concrète, aucun plan anti-harcèlement ou de protection des victimes. Lors de la session dédiée aux discours haineux, il a été dit que 54% des personnes victimes de harcèlement sur Wikipedia ont tendance à réduire leur activité voire à arrêter de contribuer. Nous mettons donc en danger l'avenir de la communauté en ne réglant pas ce problème et en laissant partir des personnes qui font souvent partie des groupes minoritaires/de la diversité que nous souhaitons voir rester.


Pour résumer, même si certaines choses restent à améliorer, je suis globalement optimiste quant à l’avenir de Wikipédia et à la motivation des personnes qui sont décidées à le rendre plus représentatif de la connaissance humaine.