User:Simon Villeneuve/Décennales

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Résumé des contributions au projets Wikimedia en 2015.

Cette page réunit le matériel de la présentation Savoir libre en éducation donnée le samedi 14 mai 2016 de 14h45 à 15h15 à l'ASTROLab du Parc national du mont Mégantic. La présentation est d'une durée de 20 minutes suivi de 10 minutes d'échanges.

Introduction[edit]

Pour celles et ceux qui ne me connaissent pas, je m'appelle Simon Villeneuve. J'ai été animateur à l'ASTROLab et étudiant à la maîtrise en astrophysique à l'Université Laval du début au milieu des années 2000. Je suis par la suite devenu enseignant au collégial en physique. J'enseigne la physique, l'astronomie et l'astrophysique au Cégep de Chicoutimi et à l'Université du Québec à Chicoutimi. Je suis heureux aujourd'hui de pouvoir aborder avec vous le sujet du savoir libre.

Le savoir libre est une chose qui prend de plus en plus de place dans nos vies. Dès que l'on fait une recherche sur Internet, on y est possiblement exposé. Si on œuvre dans le domaine de l'éducation ou de la vulgarisation, on consomme et diffuse du savoir libre de manière quasi-quotidienne. Pourtant, vous n'avez probablement jamais entendu parler du concept de « savoir libre ».

J'ai préparé une présentation divisée en quatre sections :

  • D'abord quelques définitions pour bien situer le sujet
  • Une présentation des travaux de savoir libre que mes étudiant-e-s ont réalisé ainsi que quelques exemples
  • Les avantages de l'utilisation du savoir libre en éducation
  • Les défis de l'utilisation du savoir libre
  • Qu'est-ce qui viendra ensuite ?

Parcours[edit]

Je pense qu'une bonne manière de commencer la présentation est de vous présenter l'extrait suivant, tiré d'un livre mis en page et en ligne par mes étudiant-e-s :

Une vingtaine de jeunes gens, choisis parmi les plus habiles des universités danoises, étaient employés aux observations et aux calculs. Véritables apprentis astronomes, ils s’instruisaient en voyant travailler leur maître ; guidée par l’esprit ardent et communicatif de son chef, la petite colonie sembla bientôt ne former qu’une seule famille ; sans inquiétude comme sans ambition, ces jeunes gens d’élite, unis par le même lien qui les attachait à la science, préoccupés des mêmes problèmes et attentifs aux mêmes phénomènes, s’animaient les uns les autres en se prêtant une mutuelle et cordiale assistance.
Tout semblait autour d’eux conspirer au même dessein et les inviter au travail ; respirant pour ainsi dire l’amour de l’astronomie, ils s’empressaient d’apporter au trésor commun leur butin de chaque jour, heureux de penser qu’il devait vivre à jamais, et sans se soucier d’y attacher leur nom.
Excitant leurs efforts par l’irrésistible attrait de son exemple, échauffant les tièdes par sa continuelle ardeur, prêtant aux faibles l’appui de sa force, et adoucissant par son équité conciliante les contrariétés des naturels opposés, Tycho faisait régner autour de lui une concorde bien rarement troublée.

Joseph Bertrand,Les Fondateurs de l’astronomie moderne : Tycho Brahé, p. 82-83.

Je trouve qu'il illustre bien l'état d'esprit qui peut animer certains milieux scientifiques, surtout ceux portés vers la vulgarisation. Lors de mes années à l'ASTROLab, j'y ai toujours senti un esprit de partage et un certain amour de la connaissance, du savoir. Je me rappelle qu'on disait à l'époque qu'on accordait une place très importante, lors de l'entrevue, à cette « étincelle dans le regard ». C'est quand on a le feu qu'on peu le transmettre.

Lors de ma première année d'enseignement, j'ai retrouvé ce genre d'esprit lorsque j'ai été mis en contact avec un collègue sociologue qui a fondé rien de moins qu'une bibliothèque numérique : Les Classiques des sciences sociales. Construite entièrement bénévolement, elle donne un accès libre, notamment, à des œuvres classiques de philosophie et de sciences sociales. Cependant, j'étais un peu loin de ma zone de confort : les sciences naturelles en général et l'astronomie/astrophysique en particulier.

J'ai trouvé ma « niche » à peu près au même moment que la première décennale en 2006. C'est à ce moment que j'ai commencé à m'intéresser à Wikipédia et au savoir libre (je ne savais pas comment ça s'appelait à l'époque). J'ai apprivoisé la chose pendant un peu plus d'un an avant de me lancer pour de bon en novembre 2007. J'ai décidé de commencer à monter à mes étudiant-e-s comment utiliser et faire du savoir libre un an plus tard, à la fin de 2008. J'ai d'abord fait cela dans le cadre du cours d'astronomie, un cours complémentaire du cégep, de 2008 à 2013. Par la suite, j'ai hérité du cours d'astrophysique, un cours lié à l'épreuve synthèse du programme de Sciences de la nature, ainsi que du cours d'introduction à l'astrophysique à l'université, un cours ouvert à tous et obligatoire pour les futurs enseignants du secondaire option sciences. J'y ai appliqué mon approche d'enseignement basée sur le savoir libre.

Bien que principalement utilisée dans mes cours d'astrophysique, j'ai fait des incursions ponctuelles de mon approche dans d'autres cours comme celui d'évolution de la planète, de physique mécanique, d'électricité pour métallurgie et de statique et résistance des matériaux.

Définitions[edit]

Logo du projet GNU.
Logo du copyleft.
  • Le savoir libre :
    • se base sur des outils matériels (MediaWiki), juridiques (licences Creative Commons) et philosophiques (copyleft) développés par le mouvement du logiciel libre, fondé dans les années 1980.
    • Le savoir libre possède une composante essentielle : le copyleft. Cette dernière se définit grandement en opposition au copyright. Grosso-modo, le copyright rend illégal la réutilisation d'un contenu sans le consentement de son auteur. Le copyleft rend illégal l'appropriation du contenu.
    • La plupart des licences copyleft autorisent la réutilisation commerciale du contenu.
Les ressources éducatives libres sont un type de savoir libre.
Logo de libre accès.

Projets[edit]

Projets libres basés sur MediaWiki et hébergés par la Wikimedia Foundation. Si on compare l'image à une horloge, à partir de 1 heure et en sens horaire, nous avons : Wikibooks, Meta-Wiki, Wikiquote, Wikispecies, MediaWiki, Incubator, Wikidata, Wikivoyage, Wikiversité, Wiktionnaire, Wikinews, Wikisource, Wikimedia Commons, Wikipédia et Wikimania.

Depuis 2008, mes étudiant-e-s ont réalisé du savoir libre sur plusieurs supports :

  • 2008 : Wikipédia en français
  • 2009 : Wikimedia Commons
  • 2013 :
  • 2015 :
    • Wiktionnaire

La Wikimedia Foundation (WMF) héberge 15 projets liés au savoir libre dont Wikipédia est le projet phare. Ces projets sont développés sur des wikis publics, c'est-à-dire sur des sites web qui peuvent être modifiés par n'importe quel internaute sans qu'aucune inscription ne soit nécessaire.

Résultats[edit]

Filé d'étoiles mis sous licence libre dans le cadre du mois de la contribution 2014.

Avantages[edit]

  • Travail signifiant, qui sera en ligne pendant des années, qui pourra être lu/repris/diffusé/augmenté par d'autres francophones.
  • Choix du sujet. Les étudiant-e-s choisissent le sujet qu'ils développent.
  • Apprendre à confronter ses travaux en dehors de la sphère scolaire : les exigences sont plus grandes que pour un travail scolaire.
  • Apprendre à filtrer et hiérarchiser les sources d'informations.
  • Apprentissage soft du codage, par l'apprentissage de la syntaxe wiki.
  • Apprentissage de la création et la modification d'images, dont notamment des images vectorielles.
  • Apprentissage à gérer les droits d'auteurs.
  • Mise en œuvre des compétences développées dans l'ensemble des cours hors-science du collégial (français, philo, anglais).
  • Travail asynchrone et délocalisé permettant de travailler quand et où l'étudiant-e le veut. La seule nécessité est d'avoir un ordinateur connecté à Internet.
    • Étudiant à l'hôpital ne pouvant pas faire ses labs -> fait travailler en ligne
  • Amélioration de son œuvre par les autres
Photo de l'île de Zeča
Avant
Après

Difficultés[edit]

avec suffisamment d'yeux, les bugs sont minimisés

Eric Raymond,Loi de Linus.

Merci Félix.
Pourcentage de wikipédiens par pays de résidence - secteurs - août06.jpg

En général, quand un conférencier fait ce genre de présentation, il parle toujours de ses succès, de combien les choses sont merveilleuses depuis qu'il développe son sujet, et patati et patata. Ici, je pense qu'il est pertinent de souligner les difficultés liées à l'utilisation et à la création de savoir libre en éducation. Je crois que c'est en les mettant en lumière qu'on arrivera à les atténuer.

  • Demande plusieurs compétences non-développées par le système d'éducation :
  • Dévalorisation par les élites
    • Va à l'encontre de l'éducation rentable prônée par la plupart des gouvernement d'occident depuis je ne sais combien d'années
La droite veut faire du cash
La gauche est technophobe

Futur[edit]

Wikidata : « Resistance is futile » — Q220652.

Post-mortem[edit]

Retour sur la présentation :

  • Il y avait environ 60 personnes dans la salle multimédia, qui consiste en une sorte de salle de cinéma d'une capacité de 100 places. Je connaissais environ le trois quart des personnes.
  • Pour une raison que j'ignore, le son et les images de la vidéo d'ouverture étaient malheureusement décalés. Il aurait fallu que l'on télécharge la vidéo sur l'ordinateur de présentation préalablement.
  • Nous étions environ une demi-heure en retard selon l'horaire prévu. Cela n'a pas trop influencé la présentation (mais je me sentais pressé)
  • Je ne savais pas si je gèrerais bien la citation du livre de Bertrand. Finalement, ça s'est bien passé. J'ai fait référence à Kepler et au fait que les observations d'Uraniborg ont mené à percevoir que les orbites des planètes sont des ellipses.
  • Lorsque j'ai décrit l'exemple de blitzar, j'ai malheureusement dit « trou noir » plutôt que « étoile à neutrons », ce qui a « cassé » le punch. Dommage.
  • La vidéo du flash iridium était directement celle avec les paroles, alors que je voulais faire une transition pour expliquer au public les deux versions. Dommage. Il faut cependant dire que le public a semblé très apprécier.
  • Dans l'ensemble, je crois que les gens ont apprécié. J'ai retrouvé l'atmosphère des animations de l'ASTROLab et j'avais un bon public.
  • Une seule question à la fin, concernant les licences Creative Commons. On voulait savoir où cela se situait dans ma présentation. J'ai indiqué que cela est résumé par « outils juridiques » développés dans la mouvance du mouvement du logiciel libre.
  • J'ai laissé deux copies imprimées de mon futur manuel. J'ai vu au moins une personne en prendre une. J'ai espoir.